Croatie

Me voila enfin arrivé en Croatie.

Je me dirige rapidement vers la capitale, Zagreb, ou m’attend un amis de Furkan chez qui je reste 2 jours.

Après ce court arrêt je souhaite quitter la ville pour me diriger lentement vers la Bosnie, et profite du merveilleux soleil pour faire un timelapse sur la place principale de la ville . Je  rencontre Nadja qui m’invite chez elle. Une belle rencontre, le soir nous allons avec son amie à une représentation d’art martial Indien avant de finir au bar pour une soirée musicale acoustique bien prononcé et quelques peu alcoolisé.

Les jours suivant j’ai due mal à partir, n’étant pas pressé, je reste quelques jours de plus. Nous nous baladons dans la ville et les collines alentours tout en appréciant le charme de cet hiver relativement clément.

J’organise mes idées, réfléchie tout en même temps que je reste en alerte sur l’actualité. Le Coronavirus continue sa progression, bien que à cette période en France, peu de gens s’en inquiète… Pour moi c’est une question de temps avant que la retraite s’organise …

C’est finalement le 5em jour que je décide de partir au petit matin, mes plans ont quelques peu changés, je décide de prendre le train, je hisse ma monture d’acier à bord et c’est partie pour Ogulin, sur les bon conseils de Nadja, je me rapproche des montagnes et d’un des parques nationaux les plus sauvages de Croatie. Le parc de Bidjel i Samarske Stijene.

Nadja m’a indiqué la présence d’un refuge ,  je décide d’y aller pour apprécier loin de tout,  les joies des montagnes enneigées, et me réjouir du paysage impressionnant que je suis censé admirer de là haut.

Ogulin, à la descente du train, encore une fois je rencontre quelqu’un, max avec qui nous allons au bar, et je me laisse avoir dans le piège, un billard et 3 bières plus loin mes projets de la journée son fini, il m’invite chez lui, dans la maison de ses parents, ou nous passons une autre soirée.

Le réveille est brutale,  il pleut beaucoup aujourd’hui, je continue en vélo accompagné de courts épisodes de grêle, jusque l’entrée du parque et cache ma monture , attaché à un arbre à l’entrée du chemin. La foret procure en moi une sensation prenante, je respire l’air pur à plein poumons et jubile en traversant cette endroit sauvage et intègre, cela me rappel la Suède et ses contrés sauvages, le sol couvert de mousse, les vastes forets de sapins, de bouleau et d’épicéas …

Je suis tout envouté et excité à l’idée de passer quelques jours ici, mais ce sera de courte durée. Au même moment ou je commence à monter la montagne par le petit sentier balisé dans la foret ponctué de gros roches impressionnant et dans le brouillard, la grêle fait son apparition. En accord avec l’orage qui commence à faire claquer ses éclaires qui m’effraient tant sur les hauteurs. Je me rappel toujours de ces éclats stridents qui s’ablatent a grand fracas, ce sentiment de peur lié à l’orage est toujours pour moi impressionnant et effrayant quand on est tout seul la haut…

Par chance ce n’est pas un gros orage, quelques éclaires ici et là, le tonnerre gronde et menace de abattre, jusqu’à ce que parfois un éclaire fuse et illumine le ciel d’un flash éblouissant, révélant dans mon cœur une inquiétude profonde, et révélant à moi même la petitesse de ma vie, prise au piège dans cette étau de verdure aussi réelle qu’un rêve éveillé. La réalité devient tout de suite crue et brutale.

En même temps la grêle deviens neige, avec l’altitude, au fur et à mesure de mon ascension le linceuls de neige devient couverture, je ne voie plus le sol, qui devient glissant. Déstabilisé par ma surcharge et l’inadéquation de mon équipement pour la marche en ce lieux, je trébuche et tente d’avancer, écrasé par le poids mal répartie, les bras surchargé et fatigué de portes ces sacs encombrants.

Après quelques temps l’orage ne s’exprime plus,  cela me rassure et j’arrive vers le haut de ces montagnes, mais en bas des dernières barres et amas rocheux. Sur ma carte la cabane est toute proche, à peine un kilomètre…

Il neige toujours, la couverture se fait conséquente et j’ai due mal à trouver le chemin malgré le panneau qui l’indique, car c’est tout droit dans les rochers que je suis envoyé, dans une fente qui monte entre les bloc dans une pente raide couverte de neige poudreuse. En même temps que la journée se termine le soleil est quasiment couché, il emporte avec lui sa lumière rassurante pour laisser place à la nuit qui m’enveloppe d’une obscurité glaciale.

J’ai fait de mon mieux pour en arriver là, mes habits sont trempés, d’eau, de neige et de sueur, tout comme mes cheveux et ma barbes congelés, je dois m’avouer vaincus, j’ai échoué c’est impossible de rejoindre le refuge. A ce moment je tremble de froid, l’hypothermie me prend par surprise, épuisé je dois me résoudre à monter ma tente, sans avoir presque rien ingurgité ce jours hormis le petit déjeuner. Psychologiquement trop faible pour allumer un feu, je rentre dans mon duvet et tente de me réchauffer. Une heure après cela va déjà bien mieux, je passe la nuit en cette endroit.

Le lendemain une magnifique journée m’attend dés mon réveille, le soleil radieux me laisse découvrir le paysage bien que bouché par la foret la vue ne se porte pas très loin. Je décide de redescendre pour tenter l’ascension au refuge par un autre chemin, celui le plus emprunté et la voie d’accès normale.

Je redescend dans la neige, le soleil commence déjà à faire fondre la neige perchée sur les arbres, et qui tombe sur moi au goute à goute, rapidement je retrouve ma monture, mon cheval de fer et abat quelques kilomètres compliqués jusque le début d’un autre chemin ou je trouve une voiture et des traces de pas qui me rassure quand à la réussite de cette nouvelle tentative.

Je ne lâche rien, cache une nouvelle foi mon vélo dans les bois et commence l’ascension par ce nouveau chemin en ayant pris soins de mieux organiser mes affaires pour la marche.

Rapidement j’arrive la haut et trouve le refuge, ce chemin était d’une facilité déconcertante. Je trouve ainsi une cabane en bois mal isolé et doté d’un poel en bois pour cuisiner. Disposè sur 3 étages des planchers en bois permettent d’y dormir. Une table, bougies, ustensiles de cuisine rende la vie meilleur.  Une construction sommaire et fort appréciable même si l’isolation reste à revoir… Je passe la nuit en ce lieu à coté du poel et apprécie l’instant, malgré le froid omniprésent une foi écarté de la chaleur rassurante du feu.

Le réveille est appréciable lorsque j’aperçois dehors un ciel bleu limpide qui m’indique que je pourrais rester en ces lieux aujourd’hui. Je découvre le paysage merveilleux et ses vues imprenables sur les amas rocheux joliment bordés de foret de conifères. Il à neigé cette nuit, mes traces de pas sont couvertes.

Après le déjeuné je part en exploration vers un petits sommet tout proche pour découvrir l’endroit magique décrit par Nadja. Le chemin monte sévèrement à travers les blocs rocheux, une chaine permet même de s’y hisser. Il faut se frayer un passage à travers l’épaisse couche de poudreuse qui cache le sol mais l’effort est largement récompensé une fois arrivé là haut. De là haut je comprend encore une fois à quel point il était impossible pour moi d’arriver au refuge par le chemin précédent.

De retour au refuge je passe une autre nuit en ce lieux et n’ai croisé personne ce jour hormis deux hommes ne parlant pas anglais à qui j’ai parlé 5mn.

La journée est paisible, je m’adonne à la lecture et me repose.

Le lendemain matin je redescend, rapidement, retrouve mon vélo couvert de neige et quitte le parque nationale par la petite piste enneigée, avec la satisfaction de l’effort accomplis.

J’abats 70 km ce jour et arrive à Otocac ou je part camper sur la colline après avoir mangé la meilleur pizza du voyage.

Au réveille comme bien souvent je fait une pause au café, je continue d’étudier l’actualité qui continue de se dégrader, l’épidémie arrive en France . Je dois me rendre à l’évidence que ce n’est qu’une question de temps avant que la situation s’aggrave et que les frontières se mettent à fermer les unes après les autres. A ce jour nous sommes le dimanche 1er mars. Un pré-sentiment, et la vie globalement me montre le chemin, c’est l’heure d’organiser la retraite avant que ce soit trop tard…c’est la berezina je décide d’organiser mon retour.

Je fait fonctionner mes neurones du mieux que je peux, à l’aide de mon smartphone et internet je cherche des solutions pour rentrer le plus vite possible; et à moindre frais, avec mon vélo. Car si j’ai l’habitude de me déplacer ici et là comme un oiseau, la logistique nécessaire avec un vélo est bien différente… de nombreux bus ou trains n’acceptent pas les vélos à bord. Qui plus est nous sommes dimanche, dans une petite ville perdu au milieu de la Croatie. Les bus ne sont pas très nombreux.

Ainsi je décide de rejoindre Karlovac et réalise la plus grande journée de vélo de tout ce voyage. Les pédales propulsées par mes jambes tournent à pleins régimes, motivés par l’idée du retour, un nouveau carburant, une nouvelle idée que je sais mettre à profit pour avancer le plus rapidement possible. De cette manière j’abats 125 km ce jour et arrive à la tombée de la nuit à Karlovac.

Le bus accepte mon vélo, dans la foulée j’ai déjà réservé un Flixbus Zagreb – Bâle, et j’arrive en début de soirée à Zagreb.

Je dois dire que pour rentrer aussi vite ça a été un véritable parcourt du combattant, une épreuve d’endurance. Après 2 pintes de bière au bar j’attends mon bus toute la nuit dans le café resté ouvert de la gare de bus de la capitale.

Il est 8 h du matin, le Flixbus part, je profite de cette instant pour me reposer un peu même si le sommeil n’est pas au rendez-vous, le bus est plein à craquer.

1 heure du matin, me voila arrivé à Bâle et prêt pour la seconde nuit blanche. 40 km me séparent de Mulhouse, je roule de nuit durant quelques heures. J’y arrive de bon matin aux alentours de 5 h et patiente quelques heures avant le départ du TGV pour Montpellier.

Je suis de retour, et à la lumière des événements actuels ce fut une très bonne décision.

Prochainement les détails sur la préparation du prochain projet, l’expédition de cette été en Laponie.

 

  Slovénie⇐

 

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